Un voyage en canoë…

Pour ceux qui imaginent une longue descente au fil de l’eau à admirer les paysages, pour ceux qui n’ont pas vraiment idée de ce à quoi ressemble un voyage en canoë, qui n’est en aucun cas une longue descente de rivière…

LE NFCT, en quelques chiffres, c’est un voyage de près de 1200 km qui emprunte 22 rivières et ruisseaux différents, traverse 56 lacs et étangs, 4 états américains et le Québec, et impose plus de 56 portages d’un total de plus de 88 km !

NFCT Map

Commençons par les RIVIÈRES donc… Paisibles et faciles lorsqu’elles s’écoulent tranquillement, plusieurs d’entre elles sur notre parcours offrent des rapides de classe I et II, que l’on peut franchir en canoë ouvert sans repérage préalable, qui se gèrent assez bien et requièrent peu de manoeuvres complexes. Les rapides de classe III sont plus délicats à aborder, présentant de forts courant, des passages étroits ou des vagues capables de remplir un canoë ouvert, ils exigent un bon contrôle de l’embarcation. Nous ne franchirons pas les rapides de classe IV et au-delà, réservés aux kayaks.

Au fil de notre parcours, nous rencontrerons plusieurs dizaines de barrages, tous clairement infranchissables. Je vous vois là visualiser ce gros barrage et vous dire bien sûr, mais nous parlons aussi de ces toutes petites retenues d’1 m de hauteur ou à peine plus qui se donnent des airs de jolies glissades en canoë, mais cachent sous leurs surfaces de redoutables machines à laver géantes souvent fatales à tout pagayeur qui s’y aventurerait. Le barrage est un des obstacles les plus dangereux, à éviter absolument à tout prix, quelle qu’en soit la taille.

Autre danger des rivières, les roches qui affleurent à la surface et qui risquent « d’épingler » ton canoë, te mettant dans une bien mauvaise et dangereuse posture (de l’anglais « to pin », je ne sais pas si ce terme est utilisé en français, mais je le trouve assez parlant…).

Je ne vous parlerai pas des arbres immergés qui piègent et noient le pagayeur empêtré dans ses branches, ou des rivages aux roches découpés qui le bloquent dans le courant sous la surface… nous risquons sinon de perdre le soutien de nos familles et amis les plus anxieux.

C’est là qu’intervient le PORTAGE, qui nous permet d’éviter tous ces dangers. Comme son nom l’indique, lors d’un portage, on porte. Il permet de contourner les désagréments cités précédemment, ou de passer d’une rivière à une autre. Certains sont très sympas, avec une petite plage de débarquement et de remise à l’eau, plats, dégagés, roulables, parfois même avec un panneau les indiquant et un marquage pour ne pas se perdre. D’autres sont beaucoup moins drôles, à essayer d’accoster et vider ton canoë entre des roches pointues ou/et glissantes, hisser le tout tant bien que mal sur un rivage plein de buissons, puis transporter tout ça le long d’un chemin qui n’en est pas un, de la boue montant jusqu’aux genoux, enjambant de gros troncs d’arbres, etc. Le « Mud Pond Carry » (littéralement le portage de l’étang de boue) que nous emprunterons dans le Maine, est connu chez les pagayeurs comme étant particulièrement coriace, et présente un risque de séparation élevé pour tout couple s’y aventurant.

Bon, je vous laisse là nous imaginer sur ces portages traînant nos dizaines de kilos d’affaires. Lors de notre premier voyage et premier portage, il nous fallût près de 8h et plusieurs allers-retours pour parcourir 1,8 km…

Nous en arrivons donc aux LACS et ETANGS, que l’on pourrait penser comme surfaces planes et tranquilles, ils sont pourtant un autre danger potentiel et sérieux pour le pagayeur. Dans les forêts du Nord où nous nous rendons, la météo incertaine transforme peut transformer n’importe quel plan d’eau lisse en une redoutable mer de vagues capables de remplir ou retourner le plus vaillant des canoës ! Nous avons pu expériencer de gros vents sur de petits lacs, et nous savons maintenant que le danger et réel et difficile à contourner pour l’avoir vécu. Si deux canoës voyagent ensembles, ils peuvent être « accrochés » grâce à de grosses branches, et former ainsi une sorte de catamaran qui apporte stabilité et sécurité sur un lac. Mais nous serons seuls, et aurons entre autres un très gros lac à traverser, le lac Champlain, à cheval entre le Canada, New-York et le Vermont. Certains pagayeurs ont choisi de « sauter » ce lac pour éviter ses dangers en se faisant transporter par voie terrestre eux et leur embarcation, c’est une option que nous n’excluons pas. Nous savons aussi que partir avant 5h du matin est un bon moyen d’éviter le vent qui se lève généralement bien plus tard.

Revenons à nos rivières, dont une grande partie seront parcourues à contre-courant, ce qui ralentit considérablement le rythme. Il faut pouvoir remonter le courant, soit en pagayant avec vigueur, soit en « polant » le canoë (=le pousser en s’aidant d’une longue barre que l’on plante au fond de la rivière), ou bien encore en descendant dans le lit de la rivière ou sur le rivage pour tirer son canoë à la main ou à l’aide d’une corde en évitant de glisser et de le lâcher…

Tous ceux qui voudraient se joindre à nous sont plus que bienvenus mais je leur recommande de choisir avec soin leurs étapes en considérant bien leur niveau de pagayeur et leur degré de masochisme !

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